Rapport Lt Colonel de Gournay

Rapport du Lieutenant Colonel de Gournay, chef d'état-major de la 5ème D.I.N.A.

Encadrement :

Infanterie :

Les 6e R.T.M. et 24e R.T.T. anciens régiments de paix stationnés en France, étaient encore assez solidement encadrés malgré les nombreux prélèvements qui avaient été effectués sur leurs cadres depuis le début de la guerre.

Le 14e zouaves n'avait reçu ni numériquement ni qualitativement les cadres d'active correspondant à un régiment de formation de la série A. Le déficit d'encadrement en officiers d'active avait été partiellement comblé à l'aide de s/lieutenants d'active qui n'avaient pas encore l'expérience et l'autorité nécessaires pour suppléer à l'inexpérience de la plupart des Cdts. de Cie de la réserve.

Artillerie :

Les 2 régiments d'artillerie de la Division ne comprenaient, en dehors des chefs de corps, qu'un noyau extrêmement réduit de personnel d'active.

Armement :

La 5e D.I.N.A. ne disposait pas de Cie antichars divisionnaire.

La dotation de ses régiments en canons de 25 était réduite à ? (1) pièces dont 6 avec attelage hippomobile.

Elle ne disposait que d'une seule mitrailleuse de 20 contre avions affectée pour l'instruction au 6e R.T.M.

Sa dotation en mines antichars était réduite à 600 mines.

Matériel :

I° Moyens de transport.

Déficit particulièrement important en motocyclettes (au 6e R.T.M. déficit de 10, au 14e zouaves déficit de 16 ; le G.R.D.I. avait un de ses pelotons moto remplacé par un peloton de voiturettes).

Le déficit en camions était sensible dans toute la formation en particulier au 14e zouaves où il manquait 15 tonnes.

La réquisition n'avait fourni que des attelages très médiocres, beaucoup de chevaux de plus de 20 ans. De ce fait, l'artillerie avait subi d'énormes pertes en chevaux qui n'étaient pas encore comblées au moment des opérations de mai. 

Les chevaux de l'escadron à cheval du G.R.D.I. comprenaient un grand nombre de chevaux de labour.

2° Matériel de transmission.

Déficits particulièrement importants en fils téléphoniques... appareils de radio (13 E.R. 40 de déficit au 14e zouaves, 14 ER 40 au 24e RTT).

Valeur combattive.

La division avait été partiellement aguerrie pendant un séjour de 2 mois en Lorraine (secteur de Narbefontaine) qui avait été assez actif pendant les mois d'octobre et de novembre 1939.

Ce séjour avait permis de remplacer certains cadres insuffisants. En particulier le 14e zouaves avait eu de nombreux  officiers (dont le chef de corps) relevés par des chefs plus qualifiés. Quelques échanges de cadres avaient eu lieu entre les 3 Régiments d'd'infanterie de la division, le 14e zouaves fournissant des comptables, le régiment de tirailleurs des Cdts d'Unités.

La centralisation excessive du travail d'avancement et l'observation trop stricte des méthodes du temps de paix avaient entraîné un énorme travail de chancellerie sans permettre aux Cdt de Division de procéder aux mutations nécessaires pour assurer dans les meilleurs conditions le commandement de leurs unités.

Les mesures prises à la 5e D.I.N.A. avaient toutefois permis d'améliorer la valeur du commandement en particulier au 14e zouaves, qui bien médiocre au début de la guerre, avait acquis sous le commandement de son nouveau chef le Lt Colonel Galtier une assez bonne valeur combattive, malgré certains éléments defectueux de son recrutement (réservistes de familles originaires du sud de l'Italie récemment naturalisés).

En outre pendant son long séjour dans la région de Maubeuge de Janvier à mai 1940, la 5e D.I.N.A. avait exécuté, sous l'impulsion énergique du Général Vieillar, d'assez nombreux exercices de cadres et avec troupes dans toute la mesure compatible avec l'exécution des travaux de secteur. Ces exercices avaient développé la cohésion et la capacité manœuvrière des unités.

Mais le manque de munitions d'instruction avait contraint à limiter fâcheusement les séances de tir. De nombreux servants d'engins ou d'armes anti-chars n'avaient pu exécuter aucun tir avec munitions de guerre.

De ce fait et de celui de la faiblesse de leurs noyaux actifs les régiments d'artillerie n'avaient qu'une valeur technique et tactique assez médiocre. Toutefois leurs troupes et leurs cadres comptaient des réservistes coloniaux assez âgés davant faire preuve en cours d'opérations actives de solides qualités de sang froid.


 (1) Chiffre illisible inférieur à 10.

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