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24 et 25 mai 1940

24 Mai 194O

Au matin, le 1er B.M. recevait l’ordre de remonter vers le Nord, de repasser le canal sur le pont de Férin et d’interdire aux Allemands le passage du canal, d’une position défensive comprise entre Férin-le-Moulinet – Goelzin (P.C. du Bataillon) – Cantin.

                  Le bataillon était installé à 12 Heures.

 

25 Mai 194O

Renforcé par des éléments du 14e Régiment de Zouaves, le 1er B.M. au contact immédiat avec l’ennemi, repousse au cours de la journée toute tentative de reconnaissance du Canal en vue de son passage.

               Vers 8 heures, alors qu’accompagné du Lieutenant Fournier, il faisait une reconnaissance de la défense du pont de Férin, le Capitaine VALLEE, commandant la C.M. 1 fut tué d’un obus tiré vraisemblablement d’un char léger dissimulé sur la route de Gouy à Férin.

               Le Lieutenant Fournier prit le commandement de la Compagnie.

               Toute la nuit le Bataillon empêcha l’ennemi d’accéder au canal et lui interdit toute possibilité de jeter des passerelles en amont et en aval du pont de Férin détruit.

La mort du capitaine Pierre Vallée.

 Carnet du capitaine Kriner, commandant le 1er B.M. page 162 et 163:

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Le Capitaine Commandant la C.M. à qui incombait la défense du front avait compris et le danger et l'importance de la mission qui lui avait été donnée. Lui-même partit avec un de ses officiers pour reconnaître les abords immédiats et étudier sur place les meilleurs moyens de défense. L'ennemi était sûrement là, tout proche. Tout à coup, d'une pièce dissimulée dans un fourré à peu de distance, partit un obus qui, de plein fouet, atteignit le capitaine en pleine poitrine, lui faisant une horrible blessure mortelle.

         -« Ah ! Mes enfants ! » eut-il le temps, la force et le courage de dire.

         Ce furent ses dernières paroles.

         En mourant, face à l'ennemi, l'officier avait uni dans la même pensée les chérubins qui devenaient orphelins et tous ses hommes qu'il aimait à nommer, eux aussi, de ce nom, dans lequel il mettait tout son amour paternel.

         Simplement, héroïquement tombait le premier des officiers du Bataillon qui devaient faire à la France le sacrifice de leur vie.

         On décida d'inhumer provisoirement le capitaine dans le petit cimetière du village.

         Un menuisier de Férin fabriqua en hâte une bière en bois blanc et, l'après-midi se déroula la simple et poignante cérémonie.

         Tous les hommes de la compagnie ne purent y assister. Il fallait veiller aux premières lignes car l'ennemi ne laissait aucun répit et multipliait ses efforts pour franchir le canal et s'en rendre maître.

         Ceux que le service ne retenait pas aux pièces rendirent le témoignage suprême de leur affection et de leur confiance à leur capitaine qui, depuis le début de la campagne, s'était montré leur chef, dans tout ce que ce mot a de grand et de noble et qui constitue le meilleur éloge auquel un officier peut prétendre.

         Les yeux de ces rudes flamands s'embuèrent de larmes lorsque descendit dans le trou béant la dépouille de leur officier.

         Poings et dents serrés, dans le silence lourd qui planait sur les tombes d'alentour, dans ce petit et modeste cimetière de campagne, chacun faisait le serment de venger le mort.

         Des compagnies voisines, les officiers disponibles étaient venus...

 

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